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28/02/2017

Charles Dullin

Collaborateur de Bernard Zimmer au sein de l’association théâtrale Le Cartel des Quatre, Charles Dullin est lui aussi un scénariste et cinéaste. Nous vous proposons par le présent article d’en apprendre un peu plus à son sujet :

Présentation de Charles Dullin, ami et collaborateur de Bernard Zimmer

charles-dullin.jpgNé en 1885 et mort en 1949, Charles Dullin exerça au cours de sa vie les activités de metteur en scène, acteur de cinéma et directeur de théâtre. Il fut également l’un des fondateurs du Cartel des Quatre en 1927, association via laquelle Bernard Zimmer collabora avec lui. Toutefois, ce ne fut qu’après la mort de ses parents que Charles Dullin, initialement destiné à être prêtre, s’orienta vers le théâtre à l’âge de 17 ans.

Il commence sa carrière théâtrale en tant que comédien, au théâtre des Gobelins à Paris en 1904 (les aventures du capitaine corcoran) tout en déclamant des vers au cabaret du Lapin Agile. Charles Dullin rencontre son premier vrai succès en 1911 au Théâtre des Arts avec l’interprétation de Smerdiakov dans Les frères Karamazov de Dostoïevski. Deux ans plus tard, il contribue à la création du Théâtre du Vieux-Colombier. Parallèlement à cela, il endosse plusieurs rôles au théâtre dont celui d’Harpagon, l’avare de Molière.

Après deux ans passées dans les tranchées, il est blessé en 1917, s’exile aux États-Unis avant de revenir en France en 1919 et d’intégrer la troupe de Firmin Gémier. Il y joue notamment « La Mégère apprivoisée » de Shakespeare.

Principales œuvres et style cinématographique

Dans les années 1900 et 1910, Charles Dullin interprète de nombreux rôles au théâtre dans plusieurs pièces comme « Jules César » de Shakespeare, « Barberine » d’Alfred de Musset ou encore « L’avare » de Molière à plusieurs reprises.

A partir des années 1920, Charles Dullin commence ses premières mises en scène avec justement « L’Avare » de Molière en 1922 au Théâtre de l’Atelier suivi de « La vie est un songe » de Pedro Calderón de la Barca et « La volupté de l’honneur » de Luigi Pirandello la même année. Jusqu’au début des années 40, il continue de mettre en scène de nombreuses pièces au théâtre de l’Atelier, à l’exception d’une autre pièce de Luigi Pirandello « Chacun sa vérité », interprété au théâtre des Mathurins. En 1940 et 1941, 5 de ses pièces sont données au théâtre de Paris. A partir de 1943, Charles Dullin ne donne plus de pièces au théâtre de l’atelier mais dans divers autres théâtres (théâtres de la cité, Sarah Bernhardt, Montparnasse, Célestins).

Au niveau cinématographique, Charles Dullin interprète différents rôles dans des courts-métrages (1911, « l’Orgie romaine ») et des longs-métrages à partir de 1919. Il joue des rôles très variés, allant de Louis XI en 1924 dans « Le Miracle des Loups » à un industriel pervers dans « Quai des Orfèvres » en 1947) en passant par un aveugle dans « L’affaire du courrier de Lyon » en 1937 et lui-même dans « Etoiles de demain » en 1942. Son dernier rôle au cinéma remonte à 1950 dans « Vagabonds Imaginaires » dans lequel il ne joue pas directement mais fait simplement du doublage.

Hommages

Plusieurs lieux portent le nom de Charles Dullin, ancien collaborateur de Bernard Zimmer :

  • le théâtre Charles-Dullin à Chambéry en Savoie
  • le théâtre du même nom cette fois-ci au Grand-Quevilly
  • l’ancienne place Dancourt située devant le théâtre de l’atelier, rebaptisée du nom du metteur en scène en 1957
  • la place principale de son village natal de Yenne en Savoie

18/01/2017

Bernard Zimmer et le crapouillot

Avant de se lancer comme scénariste pour le théâtre et le cinéma, Bernard Zimmer avait fait ses premiers pas dans le monde du journalisme. Responsable en 1920 de la revue Rhénane, il a ensuite écrit un article pour « le crapouillot » 6 ans plus tard. C’est de cette revue que nous allons parler dans cet article.

crapouillot,bernard zimmer

Qu’est-ce que le crapouillot ?

Créé pendant la première guerre mondiale (1915), « le crapouillot » s’appelait d’ailleurs à l’origine « journal de tranchées ». Il s’agissait d’un périodique satirique ; sa dernière édition remonte à 1996. Toutefois, en mai dernier, une nouvelle série de ce journal a été publiée.

Pourquoi crapouillot ?

Signifiant « petit crapaud », le terme « crapouillot » désignait dans le vocabulaire des poilus les munitions et torpilles d’artillerie des soldats.

Histoire de la revue

Avant que Bernard Zimmer n’y contribue, la revue fondée par Jean Galtier-Boissière adoptait déjà un ton satirique et ironique, si bien que la censure représente une réelle menace pour ses contenus. Après la guerre, en 1919, la revue se dédie à l’art et la littérature en étant sous-titrée « arts, lettres, spectacles ». Plusieurs écrivains non conformistes participent à celle-ci comme Pierre Marc Olan, Henri Bédaud, Francis Delaisi ainsi que des dessinateurs : André Villeboeuf, Jean Oberlé, André Foy, Jeanne Rosoy etc.

Toutefois, le ton employé dans le crapouillot n’est pas du goût de tout le monde. La revue reçoit en effet un peu plus de 40 procès en un peu plus de quarante ans.

A l’heure de la seconde guerre mondiale, le fondateur Jean Galtier-Boissière arrête toute publication. Après la guerre, la partie art et littérature est confiée à une sous-branche et «le crapouillot » se consacre à des dossiers sérieux (histoire), des sujets plus légers et des contemporains tout en abordant aussi leurs travers.

Jean-Jacques Pauvert prend le relai et dirige la revue de 1965 à 1966. Un an plus tard, les sujets abordés dans la revue sont de plus en plus traités politiquement et dénoncent par exemple de nombreux scandales. Les accusations se multiplient et le monde politique est ouvertement attaqué.

La revue prend fin avec le numéro 126 en 1996. Toutefois, l’an dernier en mai 2016, une nouvelle équipe a repris ce journal via une formule trimestrielle sous la direction de Bernard Sorlot.

Contribution de Bernard Zimmer

Bernard Zimmer a rédigé un article nommé « Berlin-Calcutta » pour la revue en 1926. Il a également collaboré pour un numéro spécial, « les allemands » avec un grand reportage du directeur de la revue Jean Galtier-Boissière et de monsieur Zimmer lui-même.

30/12/2016

Comédie des champs Élysées

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En tant que scénariste comique (aussi bien au théâtre qu’au cinéma), Bernard Zimmer a fait ses premiers pas théâtraux à la comédie des champs Elysées.

Bernard Zimmer et les débuts de la comédie des champs Elysées

Cette salle de théâtre a été inaugurée le 3 avril 1913 lorsque fut créée L’exilée du romancier et auteur dramatique belge Henry Kistemaeckers. Un an plus tard, soit une dizaine d’années avant l’arrivée de Bernard Zimmer dans cet art, fut joué au théâtre des champs Elysées deux pièces de Tristan Bernard ainsi qu’une de Paul Claudel (L’annonce faîte à Marie).

En 1920, soit pendant les débuts de Bernard Zimmer en tant que journaliste, on jouait à la comédie des champs Elysées deux autres pièces de renom : L’enfantement du mort de Marcel l’Herbier et l’œuvre musicale Le bœuf sur le toit de Jean Cocteau et Darius Milhaud.

Peu de temps après, le poète et journaliste Jacques Hébertot prend la tête du théâtre qu’il renomme alors Comédie Montaigne.

Evolutions de la salle de théâtre

Entre 1920 et 1926, la salle de théâtre verra de nombreuses pièces s’y jouer parmi lesquelles Les Amants Puérils de Gaston Baty et Fernand Crommelynck, le héros et le soldat de George Bernard Shaw ou encore Siegfried, Amphitryon 38 et Intermezzode Jean Giraudoux./p>

A partir de 1926, le théâtre fait place aussi au cinéma avec la projection du film allemand Les aventures du prince Ahmed de Lotte Reinigier.

Entre 1934 et 1936, trois directeurs se succèdent à la tête du théâtre : Louis Jouvet, Jean Sarrus et Roger Capgras.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, la Société des Auteurs reste responsable de la salle alors dirigée par Roger Capgras puis le duo Claude Sainval et Roland Piétri jusqu’en 1948.

Le théâtre de l’Après-Guerre

Après la Seconde Guerre Mondiale, Claude Sainval reste seul à la tête de la Comédie jusqu’en 1977. Il sera suivi de Guy Descaux jusqu’en 1992 suivi de Jacqueline Cormier durant les deux années suivantes. Le metteur en scène Michel Fagadau dirige le théâtre jusqu’en 2011. Sa fille Stéphanie prend alors le relai.

Parmi les évènements récents l’on peut citer deux tournages de films français au sein de ce théâtre : De battre mon cœur s’est arrêté de Jacques Audiard en 2005 puis Fauteuils d’Orchestre de Danièle Thompson un an plus tard. Aujourd’hui le théâtre possède 601 places.

Le Studio des champs Elysées

La comédie des champs Elysées ne doit pas être confondue avec le Studio des champs Elysées. Ce dernier, ancienne galerie d’exposition, est devenu une scène de théâtre en 1923 sous la direction de Jacques Hébertot. Il accueille aujourd’hui 230 spectateurs et est dirigé par la même directrice que la comédie des champs Elysées, à savoir Stéphanie Fagadau. En revanche, les pièces de Bernard Zimmer n’ont pas été représentées dans ce théâtre, contrairement à la comédie des champs Elysées.